Vermiponie, des vers en aquaponie

Scritto da Tristan Ulrich · 19 settembre 2026
Vers de compost Eisenia fetida circulant entre des billes d'argile humides dans un bac de culture aquaponique

La vermiponie consiste à installer des vers de compost dans les bacs de culture sur substrat d'un système aquaponique, où ils fragmentent les boues de poissons et les résidus végétaux que les bactéries transforment ensuite en éléments assimilables. Cette page détaille les espèces adaptées, les densités d'introduction, les conditions à respecter et les configurations dans lesquelles la méthode ne fonctionne pas.

Ce que les vers changent dans un bac

En aquaponie sur substrat, les déjections des poissons et les débris de racines s'accumulent au fil des mois entre les billes d'argile ou les graviers. Cette matière organique n'est pas directement utilisable par les plantes. Elle doit d'abord être fragmentée, puis minéralisée par les bactéries et les champignons du bac. La vermiponie consiste à confier une partie de ce travail à des vers de compost installés en permanence dans le lit de culture.

L'idée séduit parce qu'elle transpose au bac de culture un principe déjà bien documenté en lombricompostage. Les résultats publiés restent toutefois plus nuancés que le discours qui circule sur les forums, et surtout ils ne disent pas tous la même chose selon que l'on parle de la qualité du lombricompost obtenu ou du rendement du bac. Vous trouverez ici ce qui est mesuré, ce qui ne l'est pas, et les conditions concrètes qui séparent une population de vers durable d'un échec en quelques semaines.

Bac de culture aquaponique sur billes d'argile avec salades et basilic, cuve à poissons attenante sous serre

La vermiponie en pratique

Le terme vermiponie désigne l'introduction délibérée de vers de compost dans les bacs de culture d'un système aquaponique fonctionnant sur substrat. Les vers ne vivent pas dans l'eau, ils occupent la zone humide et aérée du lit, celle qui reste au contact de l'air entre deux remplissages.

Le principe ne modifie ni le cycle de l'azote ni le rôle des bactéries nitrifiantes. Il ajoute un maillon en amont. Les vers ingèrent les particules organiques, les broient et les rejettent sous forme de déjections plus fines, largement colonisées par des micro-organismes. La surface disponible pour l'activité bactérienne augmente, ce qui accélère la libération des éléments.

Attention à ne pas confondre avec un lombricomposteur classique installé à côté du système, dont on récupère le jus. Ici, les vers vivent directement dans le lit de culture, au milieu des racines. Le fonctionnement, les contraintes et les risques ne sont pas les mêmes.

Boues de poissons accumulées entre les graviers d'un bac de culture avec un ver de compost en pleine minéralisation

Le rôle de minéralisation des boues

Dans un lit de culture, les solides issus du bac à poissons se déposent progressivement dans la partie basse, là où l'eau stagne le plus longtemps. Sans intervention, ils forment au bout d'un ou deux ans une couche compacte qui réduit la circulation de l'eau et crée des poches privées d'oxygène.

Les vers travaillent surtout dans les vingt premiers centimètres, là où l'humidité et l'air coexistent. Ils fragmentent les débris avant qu'ils ne se tassent, et leurs galeries maintiennent une porosité que le substrat seul finit par perdre. Les déjections qu'ils laissent, appelées turricules, hébergent une flore microbienne dense et concentrent les éléments sous forme assimilable.

Un ver ne fabrique aucun élément, la matière ne se crée pas. En revanche, il déplace massivement ces éléments depuis des formes bloquées vers des formes que la racine sait prendre, et cela se mesure précisément sur notre cas. Un travail de 2026 a comparé le lombricompostage et le compostage classique d'un même lot de boues de pisciculture, et relevé dans le lombricompost 38 % de phosphore disponible en plus, 50 % de potassium, 64 % de fer et 14 % de manganèse. Le fer et les oligo-éléments étant les carences chroniques de l'aquaponie, ce n'est pas un détail.

Ce que disent réellement les études

La synthèse la plus solide est une méta-analyse française de 2019, qui agrège 68 publications et 665 résultats. Elle trouve en moyenne 26 % de rendement commercial en plus et une biomasse racinaire supérieure de 57 %. Deux réserves l'accompagnent, et elles pèsent particulièrement ici. L'effet est divisé par deux à trois dès que le milieu reçoit déjà une fertilisation, ce qui est exactement la situation d'un bac nourri par des poissons. La dose utile plafonne par ailleurs autour de 30 à 50 % du volume de substrat, au-delà le bénéfice disparaît. Les auteurs signalent en plus un biais de publication, les essais aux effets spectaculaires étant surreprésentés.

Le mécanisme, lui, est bien décrit. Les turricules contiennent des phosphatases, ces enzymes qui découpent le phosphore organique en orthophosphate directement absorbable, et une population microbienne nettement plus dense que le substrat de départ. C'est cette activité qui libère les éléments, et non une quelconque création de matière.

Des effets existent aussi en dehors de la nutrition. Dans des essais où toutes les plantes recevaient la même solution nutritive, menés par l'équipe d'Edwards à l'Ohio State University, un simple arrosage à l'extrait de lombricompost a réduit de moitié les dégâts de pucerons et d'acariens sur tomate et concombre. L'effet est net, son mécanisme reste une hypothèse.

Sur la vermiponie proprement dite, en revanche, les travaux sont rares et testent souvent plusieurs variables à la fois, par exemple le renouvellement d'eau douce en même temps que l'ajout de vers, ce qui interdit d'attribuer le gain aux seuls vers. Voici ce que les praticiens observent, et qui recoupe la biologie connue de ces espèces.

  • Un lit de culture qui se colmate moins vite
  • Moins de résidus végétaux visibles en surface
  • Une couche de turricules dans les zones de dépôt
  • Des racines plus ramifiées dans les secteurs colonisés

Un dernier point pour fixer les limites. Un essai universitaire a comparé un thé de lombricompost employé seul à un engrais du commerce, sur laitue en radeau, avec des profils nutritifs statistiquement comparables, et a récolté sept fois moins. Le lombricompost complète une fertilisation, il ne la remplace pas.

Vers rouges Eisenia fetida aux anneaux clairs caractéristiques sur un compost humide Vermi da compost

Eisenia fetida, le ver rouge

Eisenia fetida, appelé ver rouge du fumier ou red wiggler, reste l'espèce la plus utilisée, autour de 80 à 90 % des vers employés en lombricompostage. Elle mesure cinq à sept centimètres, arbore une alternance de bandes rouge sombre et de segments plus clairs, et se reconnaît à sa réaction vive dès qu'on la manipule.

C'est une espèce épigée, autrement dit elle vit dans la litière de surface et non dans le sol profond. Ce comportement la rend particulièrement adaptée à un bac de culture, où elle reste dans les premiers centimètres de substrat plutôt que de chercher à s'enfoncer. Elle tolère l'entassement et se reproduit vite, ce qui permet à la population de s'ajuster seule à la nourriture disponible.

Son autre atout tient à sa disponibilité. Vendue partout pour le lombricompostage, elle s'acclimate sans difficulté particulière dès lors que l'humidité et la température restent dans ses plages de confort.

Comparaison de vers Dendrobaena veneta plus gros à côté de petits vers rouges de compost sur une litière humide

Deux autres espèces utilisables

Eisenia andrei ressemble beaucoup à Eisenia fetida, au point d'être souvent vendue sous la même appellation commerciale. Sa couleur est plus uniformément rouge sombre, sans les bandes claires marquées. Les deux espèces se côtoient fréquemment dans un même élevage et se comportent de manière comparable dans un bac de culture.

Dendrobaena veneta, commercialisée sous le nom de ver européen ou de dendro, est nettement plus grande, de douze à dix-sept centimètres. Elle se reproduit plus lentement mais supporte mieux les températures basses, ce qui présente un intérêt réel pour un bac installé dehors ou dans une serre non chauffée.

Reste la question des vers ramassés dehors. Ce n'est pas le fait de les ramasser qui pose problème, c'est l'endroit. Sous un tas de fumier ou de feuilles mortes vivent de vrais épigés, Lumbricus rubellus par exemple, qui figure parmi les espèces couramment employées. Dans une pelletée de terre de potager, on récolte plutôt des fouisseuses, anéciques ou endogées, qui ont besoin d'un sol minéral et d'un terrier permanent. Privées des deux, elles ne disparaissent pas du jour au lendemain, mais les services d'extension universitaire s'accordent sur un point, elles cessent de croître et de se reproduire, et aucune population ne s'installe.

Poignée de vers de compost et de lombricompost tenue au-dessus d'un bac de culture en billes d'argile Lombrichi vivi per lombricompostiera e compostiera

Quelle densité au démarrage

Les repères issus du lombricompostage servent de base. Comptez environ 500 grammes de vers par mètre carré de surface de bac, ce qui représente à peu près mille individus adultes d'Eisenia fetida. Pour un bac domestique de 1,2 mètre sur 0,6 mètre, cela correspond à 350 grammes environ.

Il est inutile de viser plus haut. Une population s'autorégule en fonction de la nourriture réellement disponible. Si vous introduisez trop de vers dans un bac neuf où peu de boues se sont accumulées, une partie mourra dans les premières semaines. Mieux vaut démarrer bas et laisser la population croître, ce qu'elle fera d'elle-même si les conditions conviennent.

Un système récent, mis en route depuis moins de trois mois, ne contient pas encore assez de matière organique. Attendez que le bac ait tourné une saison complète avant d'introduire les vers, ou prévoyez un apport de matière de départ.

Humidité, température, oxygène et pH

Les vers respirent par la peau, qui doit rester constamment humide sans être noyée. La plage de confort se situe autour de 75 à 85 pour cent d'humidité dans la litière. Dans un bac à marées, celui qui se remplit puis se vide en alternance, cette condition est remplie naturellement dans la zone intermédiaire, celle qui reste mouillée après le retrait de l'eau sans jamais être immergée en permanence.

Côté température, Eisenia fetida vit et se reproduit entre 13 et 29 degrés environ, avec un optimum d'élevage autour de 16 à 27 degrés. Au-delà de 30 degrés l'activité chute et la mortalité grimpe. En dessous de 10 degrés les vers cessent de se nourrir et se regroupent en profondeur. Dendrobaena veneta encaisse un peu mieux le froid, ce qui reste un argument en climat continental.

L'oxygène constitue le point critique, et c'est lui qu'il faut surveiller plutôt que l'eau elle-même. Un ver survit longtemps immergé dans une eau correctement oxygénée, ce qui le tue c'est l'anoxie. Un bac laissé en eau permanente, sans cycle de remplissage et de vidange, prive la zone racinaire d'air et condamne la population. C'est précisément ce qu'un siphon cloche bien réglé évite. Le pH enfin doit rester proche de la neutralité, entre 6 et 8, ce qui recoupe la plage recherchée en aquaponie pour les bactéries nitrifiantes comme pour les plantes.

Trois substrats de culture côte à côte, billes d'argile, pouzzolane et gravier roulé, granulométries comparées

Les substrats compatibles

Tous les supports ne se valent pas. Les vers ont besoin d'interstices assez larges pour circuler et d'une surface qui n'abrase pas leur épiderme. Les billes d'argile expansée de 8 à 16 millimètres conviennent bien, leur porosité retient l'humidité et leur surface reste douce.

La pouzzolane fonctionne également, en privilégiant une granulométrie de 10 à 20 millimètres. Sa surface plus rugueuse est parfois citée comme un inconvénient, sans que cela empêche l'installation d'une population durable. Le gravier roulé non calcaire de 8 à 16 millimètres reste le choix économique, à condition de vérifier qu'il ne fait pas monter le pH.

Deux supports sont à écarter. Le sable et les granulométries inférieures à 5 millimètres se compactent et bloquent la circulation. La laine de roche et les mousses synthétiques n'offrent aucune structure exploitable pour les vers.

Système aquaponique DWC à radeaux flottants, salades en pots suspendus au-dessus d'une eau claire et aérée

DWC et NFT, systèmes incompatibles

La vermiponie suppose un substrat. Dans un système en radeaux flottants, les racines pendent librement dans l'eau et il n'existe aucune zone humide et aérée où les vers pourraient s'installer, ni aucune matière organique à ingérer.

Le constat vaut aussi pour les techniques en film nutritif. Les gouttières NFT ne contiennent qu'une lame d'eau de quelques millimètres circulant en continu, sans support colonisable. Les vers seraient emportés vers la pompe ou coincés dans les canalisations.

Sur un système hybride associant un lit sur substrat et des radeaux, seule la partie sur substrat accueille les vers. Prévoyez une grille ou un filtre en sortie du bac de culture pour éviter que des individus ne dérivent vers la partie aquatique.

Introduction d'un amas de litière humide contenant des vers de compost dans un creux du bac de culture

La mise en place pas à pas

Vérifiez d'abord que le bac fonctionne depuis au moins trois mois, que le cycle de remplissage et de vidange est stable et que le pH se tient entre 6,5 et 7,5. Un système bien démarré reste la condition préalable, la vermiponie ne rattrape aucun défaut de conception.

Creusez ensuite un ou deux creux d'une dizaine de centimètres dans le substrat, en dehors des zones plantées. Déposez-y les vers avec leur litière d'origine plutôt que de les rincer, ce transfert limite le stress. Recouvrez d'une fine couche de matière organique humide, puis remettez le substrat en place sans tasser.

Laissez le système fonctionner normalement. Les vers descendent d'eux-mêmes vers la zone qui leur convient dans les heures qui suivent. Évitez de fouiller le bac pendant les deux premières semaines, le temps que la population trouve ses marques.

Fine couche de lombricompost et de résidus végétaux étalée en surface d'un bac de culture en billes d'argile

Les apports et leur rythme

Dans un bac déjà chargé en boues, la nourriture est présente et aucun apport n'est nécessaire. Dans un bac récent ou peu chargé, un complément aide la population à s'établir. Une poignée de lombricompost mûr répartie en surface toutes les trois à quatre semaines suffit largement.

Les feuilles fanées, les racines de plants récoltés et les résidus de taille se déposent directement sur le substrat. Ils disparaissent en une à trois semaines quand la population est active. Cette vitesse de disparition fournit d'ailleurs le meilleur indicateur de l'état de vos vers.

Restez mesuré. Un apport trop généreux fait grimper la demande en oxygène du bac, trouble l'eau et peut faire remonter l'ammoniaque. Mieux valent de petites quantités régulières qu'un dépôt massif ponctuel.

Reconnaître une population en bonne santé

Un contrôle visuel tous les deux mois suffit. Écartez doucement le substrat sur une vingtaine de centimètres dans une zone de dépôt, en dehors des racines. Vous devriez trouver plusieurs vers actifs qui se rétractent dès qu'ils voient la lumière, ainsi que des cocons, de petites capsules ambrées de la taille d'une tête d'épingle. La présence de cocons signale une reproduction en cours, donc des conditions correctes.

La texture du substrat renseigne autant que les vers eux-mêmes. Une couche sombre, grumeleuse et légère dans les zones basses correspond aux turricules. À l'inverse, une boue lisse et compacte qui dégage une odeur soufrée trahit une zone privée d'oxygène, où les vers ne descendent pas.

Surveillez aussi les signes foliaires de vos cultures. Ils ne diront rien de la population de vers en elle-même, mais une amélioration lente de la vigueur dans les mois qui suivent l'introduction accompagne souvent une minéralisation plus régulière. Ne cherchez pas d'effet spectaculaire, la vermiponie agit sur des cycles longs.

Vers de compost noyés en surface d'un bac de culture resté en eau, illustration d'une erreur fréquente

Les erreurs les plus fréquentes

La plus répandue consiste à laisser le bac en eau permanente. Sans phase de vidange, l'air ne pénètre plus le substrat et les vers remontent puis meurent en surface. Une pompe qui tourne en continu sur un lit de culture dépourvu de siphon produit exactement ce résultat.

Viennent ensuite les traitements. Beaucoup de produits employés contre les parasites des poissons, notamment ceux à base de cuivre ou de formol, sont toxiques pour les vers. Le sel utilisé en bain thérapeutique pose le même problème au-delà de certaines doses. Vérifiez systématiquement la compatibilité avant tout traitement du bac à poissons.

Deux autres écueils reviennent souvent. Un apport massif de matière fraîche fait chuter l'oxygène et provoque une eau trouble passagère. Une serre non ventilée l'été fait quant à elle grimper le substrat au-delà de 30 degrés, ce que la population ne supporte pas longtemps.

Poissons d'un bac aquaponique attirés par un ver dérivant sous la surface de l'eau

Les vers et vos poissons

Un ver qui dérive jusqu'au bac à poissons sera mangé, sans conséquence pour l'animal. Eisenia fetida sécrète toutefois un fluide au goût désagréable quand elle est stressée, ce qui explique que certains poissons la recrachent. Ce n'est ni un danger ni un problème sanitaire.

L'usage des vers comme complément alimentaire se pratique, notamment pour les truites et les carpes. Leur teneur en protéines est intéressante, mais ils ne constituent pas un aliment complet et ne remplacent pas une ration équilibrée. Considérez-les comme un apport occasionnel, pas comme une base.

Une précaution s'impose si vous prélevez des vers dans le bac de culture pour les donner aux poissons. Rincez-les à l'eau du système et évitez de transférer en même temps de la matière organique, qui ferait grimper la charge du bac.

Colis ouvert contenant un sachet respirant de vers de compost vivants livré dans une cuisine

Selon les pays européens

La disponibilité varie peu à l'échelle du continent, mais les appellations commerciales changent et prêtent à confusion. En France on parle de ver rouge du fumier ou d'eisenia, au Royaume-Uni de tiger worm et de European nightcrawler pour Dendrobaena veneta, en Allemagne de Kompostwurm, aux Pays-Bas et en Belgique de mestworm.

Eisenia fetida et Eisenia andrei sont fréquemment vendues sous une seule référence, sans distinction. Pour un bac de culture cela n'a aucune importance pratique, les deux se comportent de la même façon. Dendrobaena veneta est en revanche plus courante en Europe du Nord, où elle sert aussi largement d'appât de pêche.

Le climat pèse davantage que le pays. Sous serre méditerranéenne, la contrainte estivale tient à la surchauffe du substrat et impose une ventilation. En Scandinavie ou en altitude, c'est l'hiver qui limite l'activité, et une population de Dendrobaena se montre alors plus résiliente.

Conclusion, une aide lente mais réelle

Installer des vers de compost dans un lit de culture n'est ni un gadget ni une solution miracle. C'est une pratique dont les effets s'apprécient sur plusieurs saisons, et qui agit sur deux plans distincts. Elle préserve la structure du substrat, en fragmentant les dépôts organiques avant qu'ils ne forment la couche compacte qui finit par asphyxier le fond du bac. Elle accélère également la mise à disposition des éléments que les poissons produisent déjà, au premier rang desquels le fer, dont la comparaison entre lombricompostage et compostage de boues piscicoles a chiffré le gain.

Sa réussite tient à peu de chose, mais ce peu ne se négocie pas. Le bac doit fonctionner sur substrat, avec une alternance de remplissage et de vidange qui garantit l'arrivée d'air jusqu'aux racines, ce qui exclut les radeaux flottants et le film nutritif. La température du substrat doit rester comprise entre quinze et vingt-cinq degrés la plus grande partie de l'année. Les vers introduits doivent être des espèces de surface, et non des lombrics fouisseurs prélevés dans la terre du jardin. Aucun traitement du bac à poissons ne doit être appliqué sans vérification préalable de sa compatibilité.

Il convient enfin de s'entendre sur ce que l'on peut en attendre. La vermiponie ne transformera pas vos récoltes, et le lombricompost ne se substitue à aucune fertilisation. Ce qu'elle apporte est plus discret et plus durable, un lit de culture qui vieillit bien et une minéralisation plus régulière. Pour une installation destinée à fonctionner plusieurs années, cela représente quelques centaines de grammes de vers, consentis une seule fois.

Fonti

Blouin M., Barrere J., Meyer N., Lartigue S., Barot S., Mathieu J., Vermicompost significantly affects plant growth, a meta-analysis, Agronomy for Sustainable Development, 2019, Effet moyen du lombricompost sur le rendement et la biomasse racinaire, dose optimale, et chute de l'effet lorsque le milieu est déjà fertilisé

Hleibieh M., Hanc A., Michal P., Hrebeckova T., Composting and Vermicomposting of Fish Sludge, Agronomy 16(4):473, 2026, Comparaison lombricompost et compost sur un même lot de boues de pisciculture, gains mesurés en phosphore, potassium, fer et manganèse disponibles

Domínguez J., Earthworms and Vermicomposting, in Earthworms, The Ecological Engineers of Soil, IntechOpen, 2018, Catégories écologiques des lombriciens et raisons pour lesquelles seules les espèces épigées conviennent à un milieu sans sol

Sherman R., Raising Earthworms for a Commercial Enterprise, NC State Extension, AG-641, 2021, Comportement des espèces anéciques privées de leur terrier et plages de température d'élevage d'Eisenia fetida

Angima S., Noack M., Noack S., Composting with Worms, Oregon State University Extension, EM 9034, Distinction entre vers de surface et vers fouisseurs, et inaptitude des seconds à un bac de lombricompostage

Edwards C.A., Arancon N.Q., Vasko-Bennett M. et al., Suppression of green peach aphid, citrus mealybug and two-spotted spider mite attacks by aqueous extracts from vermicomposts, Crop Protection, 2009, Effet sur les ravageurs mesuré à nutrition égale entre les lots, ce qui isole un effet non nutritif

Domande frequenti

Quelques individus dérivent effectivement, surtout après un apport de matière fraîche ou pendant une période très humide. Les conséquences restent limitées.

  • Un ver avalé par un poisson est simplement mangé
  • Un ver aspiré par la pompe est broyé sans dommage pour l’appareil
  • Une remontée collective en surface, en revanche, signale un défaut d’aération ou un excès d’eau

C’est ce dernier cas qu’il faut savoir lire, la fuite groupée est un symptôme, jamais un simple accident.

Les données disponibles invitent à la modestie. Ce qui est établi, c’est que la minéralisation des boues libère une part des éléments qu’elles retiennent, avec des rendements de récupération très variables selon les procédés, de l’ordre de dix à soixante pour cent pour la seule minéralisation. Les vers accélèrent la fragmentation en amont de ce processus, mais aucun travail publié ne permet aujourd’hui de leur attribuer seuls un gain de rendement chiffré. Considérez le bénéfice principal comme un entretien du lit de culture plutôt que comme un engrais supplémentaire.

Oui, c’est même la meilleure source. Les espèces employées en lombricompostage domestique sont précisément celles qui conviennent à un lit de culture, et très peu d’espèces se prêtent à cet usage. Transférez-les avec une poignée de leur litière d’origine plutôt qu’en les rinçant.

Non, laissez le cycle tourner normalement. Les vers rejoignent d’eux-mêmes la profondeur qui leur convient en quelques heures.

Ils ralentissent, puis cessent de s’alimenter. Les fiches d’extension situent l’activité utile dans une plage tempérée, avec un optimum autour de vingt degrés et une chute marquée dès que la litière descend sous une dizaine de degrés. Trois précautions suffisent en général.

  • Épaissir le substrat pour que la zone profonde reste hors gel
  • Couvrir le bac d’un paillage épais ou d’un voile d’hivernage
  • Suspendre les apports tant que la population n’est pas repartie

Une population devenue invisible en surface n’est pas forcément perdue, les cocons résistent bien mieux que les adultes et relancent la colonie au printemps.

Un lit de culture sain sent la terre de forêt, rien d’autre. Une odeur aigre ou soufrée trahit un excès de matière fraîche ou une zone privée d’air, et c’est cet excès, non les vers, qui attire les moucherons. Réduisez les apports et vérifiez que la vidange se fait complètement à chaque cycle.

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