Auxiliaires contre les nuisibles

Written by Tristan Ulrich · September 5, 2026
Coccinelle adulte dévorant une colonie de pucerons sur une tige, lutte biologique intégrée en aquaponie

En aquaponie, les poissons et les plantes partagent la même eau, ce qui rend la plupart des insecticides inutilisables. Les auxiliaires, ces insectes et acariens prédateurs ou parasitoïdes, deviennent alors la seule stratégie vraiment durable pour protéger vos cultures.

Les auxiliaires, votre meilleure défense

Dans un système aquaponique, tout ce que vous pulvérisez sur les feuilles finit tôt ou tard dans l'eau des poissons. Un insecticide, même présenté comme naturel, peut détruire en quelques heures la colonie de bactéries qui assure le cycle de l'azote, ou intoxiquer directement vos poissons. Cette contrainte, souvent vécue comme un handicap, se révèle une chance. Elle oblige à construire un équilibre plutôt qu'à traiter des symptômes.

La lutte biologique intégrée consiste à introduire ou à favoriser des organismes vivants qui régulent les ravageurs. Coccinelles, chrysopes, micro-guêpes parasitoïdes, acariens prédateurs et nématodes forment une équipe complémentaire, chacun spécialisé sur une proie. Nous allons voir comment identifier vos ravageurs, quel auxiliaire choisir pour chacun, à quelle dose de lâcher l'introduire, et quelles erreurs font échouer une bonne partie des tentatives.

Coccinelle à sept points, auxiliaire de culture qui consomme les pucerons d'une plante

Ce qu'est un auxiliaire de culture

Un auxiliaire est un organisme vivant qui régule naturellement une population de ravageurs. On distingue deux grandes familles. Les prédateurs consomment directement leurs proies, comme la coccinelle qui dévore les pucerons. Les parasitoïdes, eux, pondent à l'intérieur de leur hôte, dont la larve se nourrit avant d'en émerger.

Cette distinction n'est pas théorique. Un prédateur agit vite et se voit, ce qui rassure. Un parasitoïde agit lentement, reste discret, mais s'installe durablement si les conditions lui conviennent. Sur une attaque déclarée, on associe souvent les deux, le prédateur pour faire chuter la population et le parasitoïde pour tenir la durée.

La plupart de ces organismes sont élevés puis vendus par des producteurs spécialisés européens, conditionnés en flacons, sachets ou cartes à suspendre. Ils voyagent mal au-delà de quelques jours, ce qui explique les délais courts de livraison et l'importance de les lâcher rapidement après réception.

Système aquaponique domestique où poissons et plantes partagent la même eau, ce qui interdit les traitements chimiques

Pourquoi la chimie est exclue ici

En culture classique, un jardinier peut traiter puis attendre un délai avant récolte. En aquaponie, ce raisonnement ne tient pas. L'eau circule en boucle fermée entre le bac à poissons, le filtre biologique et les lits de culture. Une molécule qui ruisselle d'une feuille se retrouve dans le circuit et y reste, faute de renouvellement.

Les pyréthrinoïdes, très répandus dans les insecticides du commerce, sont particulièrement toxiques pour les poissons à des concentrations très faibles. Les traitements à base de cuivre posent le même problème et perturbent en plus la nitrification. Même le savon noir, souvent recommandé, mérite prudence si les eaux de lavage rejoignent le bassin.

Rester dans le vivant n'est donc pas une posture militante, c'est une nécessité technique. C'est aussi ce qui rend l'aquaponie exigeante et intéressante, puisque la santé des cultures dépend d'un écosystème que vous pilotez, comme le rappellent les erreurs de débutant les plus courantes.

Colonie de pucerons verts installée sur la tige d'une jeune laitue, premier ravageur à identifier

Reconnaître le puceron à temps

Le puceron reste le ravageur numéro un des cultures sur eau, particulièrement sur salades, blettes et aromatiques. Il se repère aux amas d'insectes mous, verts, noirs ou rosés, groupés sur les jeunes pousses et sous les feuilles, là où la sève est la plus accessible.

Deux indices trahissent sa présence avant même qu'on le voie. Le miellat, substance collante et brillante qu'il rejette, colle les feuilles et attire ensuite un feutrage noir de fumagine. Les fourmis qui montent et descendent le long des tiges en sont un second signal, puisqu'elles élevent et protègent les colonies.

Sa force est sa vitesse. Une femelle donne naissance à des descendantes déjà formées, sans accouplement, et une population peut doubler en quelques jours quand la température approche vingt-cinq degrés. Intervenir sur les premières colonies coûte infiniment moins d'efforts qu'une reprise en main trois semaines plus tard.

Observer et compter avant de lâcher quoi que ce soit

La faute la plus fréquente consiste à commander des auxiliaires dès qu'un insecte est aperçu, sans savoir lequel ni combien. Or chaque auxiliaire est spécialisé. Des coccinelles lâchées sur une attaque d'aleurodes ne serviront à rien, et l'argent sera perdu. Un diagnostic de dix minutes vaut mieux qu'une commande précipitée.

La méthode tient en trois gestes. Retournez systématiquement les feuilles, car la quasi-totalité des ravageurs vit sur la face inférieure. Choisissez ensuite une dizaine de plantes réparties dans le système et comptez réellement les individus sur chacune, plutôt que d'estimer à vue. Notez enfin ce comptage avec la date, dans un carnet ou sur votre téléphone. Sans point de départ chiffré, vous ne saurez jamais si le lâcher a fonctionné.

Ce suivi vous dira aussi quand ne rien faire. Une présence très faible et stable, accompagnée de quelques prédateurs spontanés, correspond à un équilibre qu'il serait contre-productif de perturber. Les auxiliaires ont besoin de proies pour rester sur place, et une culture parfaitement stérile est en réalité une culture sans défense.

  • Retourner les feuilles, tous les trois à quatre jours en période chaude.
  • Compter sur dix plantes témoins réparties dans le système.
  • Photographier les dégâts pour comparer d'une semaine sur l'autre.
  • Identifier l'espèce avant de commander le moindre auxiliaire.
  • Suspendre des pièges collants jaunes pour détecter les vols.
Larve de coccinelle en train de dévorer des pucerons, le stade le plus vorace de l'auxiliaire

La larve de coccinelle, la plus vorace

Tout le monde connaît la coccinelle adulte, beaucoup moins sa larve, qui ressemble à un petit alligator gris ardoisé tacheté d'orange. C'est pourtant elle qui fait le travail. Selon les espèces et les conditions, une larve consomme généralement plusieurs centaines de pucerons durant son développement, contre une consommation plus modeste chez l'adulte.

Cette différence a une conséquence pratique. Les producteurs vendent le plus souvent des larves plutôt que des adultes, car les adultes s'envolent volontiers après le lâcher tandis que la larve, incapable de voler, reste sur la plante où vous la déposez. Si vous voyez ces larves apparaître spontanément chez vous, ne les écrasez surtout pas.

La coccinelle donne de bons résultats sur des foyers concentrés et visibles. Elle est en revanche moins adaptée aux infestations diffuses, où les micro-guêpes parasitoïdes prennent l'avantage par leur capacité à chercher activement leurs hôtes.

Momie de puceron parasité par Aphidius avec son trou d'émergence, signe que le parasitoïde travaille

Aphidius, le parasitoïde des pucerons

Aphidius colemani est une micro-guêpe de deux à trois millimètres, totalement inoffensive pour l'homme. La femelle recherche les pucerons et dépose un œuf dans le corps de chacun. La larve se développe à l'intérieur, puis l'enveloppe du puceron durcit et prend une teinte beige dorée caractéristique.

Ces enveloppes s'appellent des momies, et ce sont vos meilleurs indicateurs. Une momie percée d'un trou rond signifie qu'une nouvelle guêpe en est sortie et chasse déjà dans votre serre. Ne nettoyez jamais les feuilles qui en portent, elles constituent votre élevage gratuit.

Les doses couramment recommandées se situent autour de 0,5 individu par mètre carré en préventif, de 0,5 à 1 sur une attaque débutante et jusqu'à environ 2 en renforcement, avec des lâchers répétés tous les huit à quinze jours. L'espèce travaille bien entre quinze et vingt-cinq degrés, ce qui couvre la plupart des serres européennes de la mi-saison.

Chrysope verte adulte posée sur une feuille sous serre, prédateur polyvalent des pucerons

La chrysope, prédateur polyvalent

La chrysope verte, reconnaissable à ses ailes translucides nervurées et à ses yeux dorés, est l'un des auxiliaires les plus utiles en culture abritée. Comme chez la coccinelle, c'est la larve qui chasse. Munie de longues mandibules en pince, elle s'attaque aux pucerons mais aussi aux jeunes aleurodes, aux thrips et aux œufs d'acariens.

Cette polyvalence en fait un choix pertinent quand plusieurs ravageurs cohabitent, situation fréquente dans une petite serre domestique où l'on cultive des espèces variées. Elle évite de multiplier les commandes d'auxiliaires ultra spécialisés.

Les larves se livrent en général dans un support de vermiculite ou de sarrasin, à répartir directement sur le feuillage atteint. Les ordres de grandeur souvent cités vont d'une dizaine à une cinquantaine de larves par mètre carré selon l'intensité de l'attaque. Un point de vigilance, ces larves sont cannibales, il faut donc les disperser et ne jamais les regrouper au même endroit.

Aleurodes des serres sous une feuille de tomate, cibles du parasitoïde Encarsia formosa

Aleurodes et Encarsia formosa

L'aleurode, souvent appelée mouche blanche, s'envole en nuage dès qu'on effleure une plante. Elle affectionne les tomates, les aubergines, les concombres et les basilics, et produit elle aussi un miellat poisseux qui salit les récoltes. Ses larves, plates et translucides, restent fixées sous les feuilles et passent souvent inaperçues.

Encarsia formosa est le parasitoïde de référence contre elle, utilisé en serre professionnelle depuis des décennies. Il se livre sous forme de cartes portant des pupes collées, à suspendre dans le feuillage. Les larves d'aleurodes parasitées noircissent, ce qui rend le suivi très lisible à l'œil nu.

Les doses publiées varient selon la pression, généralement de 1,5 à 6 individus par mètre carré et par lâcher, avec deux à trois lâchers espacés d'environ huit jours après la plantation, puis un entretien mensuel. L'auxiliaire demande de la chaleur et devient nettement moins actif sous dix-huit degrés, ce qui limite son emploi en début et en fin de saison.

Toile fine d'araignées rouges et piqûres décolorées sur une feuille de concombre en serre

Araignées rouges et Phytoseiulus

L'araignée rouge n'est pas une araignée mais un acarien minuscule, à peine visible sans loupe. Elle prolifère dans les ambiances chaudes et sèches, exactement le climat d'une serre fermée en plein été. Les feuilles se piquettent de points clairs, jaunissent, puis se couvrent d'une toile fine très reconnaissable.

Phytoseiulus persimilis est l'acarien prédateur spécialisé contre elle. Plus rapide et légèrement plus grand que sa proie, d'une couleur orangée brillante, il consomme œufs et adultes et peut faire disparaître un foyer en deux à trois semaines. Les doses conseillées se situent souvent entre deux et dix individus par mètre carré, ajustées à la gravité de l'attaque.

Le levier le plus efficace reste toutefois climatique. En remontant l'humidité relative au-dessus de soixante pour cent par bassinage du sol et aération maîtrisée, vous dégradez fortement les conditions de reproduction de l'araignée rouge tout en favorisant son prédateur.

Thrips, sciarides et les autres visiteurs de serre

Au-delà du trio puceron, aleurode et araignée rouge, quelques ravageurs secondaires reviennent régulièrement en culture sur eau et méritent d'être reconnus. Le thrips est un insecte allongé d'un à deux millimètres qui râpe les tissus et provoque des plages argentées parsemées de points noirs, ses déjections. Il se cache dans les fleurs et les jeunes pousses, ce qui le rend difficile à atteindre. L'acarien prédateur Amblyseius swirskii et les punaises du genre Orius comptent parmi les réponses les plus employées contre lui, la seconde étant surtout efficace quand les journées sont longues.

Les sciarides, ou mouches du terreau, sont ces petits moucherons noirs qui volettent au ras des lits de culture. Les adultes sont inoffensifs, mais leurs larves vivent dans le substrat humide et grignotent les racines fines des jeunes plants, ouvrant la porte aux pourritures. Elles pullulent lorsque la surface du substrat reste constamment saturée, situation courante en aquaponie mal réglée.

Viennent enfin les mineuses, dont les larves creusent des galeries claires et sinueuses dans l'épaisseur des feuilles, et les limaces qui profitent de l'humidité permanente autour des bacs. Pour ces dernières, une barrière physique et un piégeage régulier restent la réponse la plus simple, sans aucun risque pour l'eau du système.

Arrosage d'un lit de billes d'argile pour appliquer des nématodes auxiliaires contre les larves du substrat

Les nématodes contre les larves

Les nématodes auxiliaires sont des vers microscopiques qui vivent dans le substrat humide et pénètrent dans les larves d'insectes pour les éliminer. Steinernema feltiae est l'espèce la plus utilisée contre les larves de sciarides, tandis que d'autres espèces ciblent les otiorhynques ou certaines larves du sol.

Ils se présentent en poudre à diluer dans de l'eau non chlorée, puis à appliquer à l'arrosoir sur toute la surface du lit de culture. Un point technique compte beaucoup, la température du substrat doit généralement dépasser douze degrés, et le milieu doit rester humide plusieurs jours pour qu'ils se déplacent.

L'aquaponie leur offre justement des conditions favorables, avec un lit de billes d'argile constamment réhumidifié. Conservez les sachets au réfrigérateur, respectez la date limite, et appliquez de préférence en fin de journée car les rayons ultraviolets les détruisent rapidement.

Chenille et morsures sur une feuille de chou, cible du Bacillus thuringiensis en culture hors-sol

Bacillus thuringiensis et chenilles

Les chenilles de piérides et de noctuelles s'attaquent surtout aux choux, aux blettes et aux salades, laissant des morsures franches et des déjections vertes bien visibles. Sur une petite surface, le ramassage manuel du soir reste la méthode la plus directe et la plus économique.

Quand la pression augmente, Bacillus thuringiensis constitue le recours de référence en agriculture biologique. Cette bactérie produit des cristaux protéiques qui détruisent l'intestin des chenilles après ingestion, sans effet sur les insectes qui ne broutent pas les feuilles traitées. La souche kurstaki est celle qui vise les lépidoptères.

Sa sélectivité le rend plus rassurant qu'un insecticide à large spectre, mais la prudence reste de mise en aquaponie. Traitez par temps couvert, en évitant tout ruissellement vers le bac à poissons, et coupez la circulation d'eau pendant l'application si votre installation le permet. En cas de doute sur un produit, l'abstention et le ramassage valent mieux qu'un essai hasardeux.

Filet anti-insectes tendu sur l'ouvrant d'une serre de jardin pour bloquer l'entrée des ravageurs

Le filet anti-insectes d'abord

Le meilleur auxiliaire est celui dont vous n'avez pas besoin. Avant de commander quoi que ce soit de vivant, empêchez les ravageurs d'entrer. Sur une serre, cela signifie équiper les ouvrants et les portes d'un filet à maille fine, la barrière physique la plus rentable qui soit.

La finesse de la maille détermine ce que vous arrêtez. Une maille de l'ordre du millimètre bloque les piérides et la plupart des mouches, tandis qu'il faut descendre nettement plus fin pour contenir les aleurodes et les thrips. Plus la maille est serrée, plus elle freine l'air, ce qui impose de vérifier votre ventilation après la pose.

Complétez par quelques gestes simples. Inspectez tout nouveau plant avant de l'introduire, car les ravageurs arrivent le plus souvent avec un achat en jardinerie. Retirez les feuilles mortes qui traînent au sol et espacez suffisamment les plants pour que l'air circule entre eux.

Selon les pays, ce que dit la réglementation européenne

L'usage d'auxiliaires est courant dans toute l'Europe, mais son encadrement juridique n'est pas harmonisé à l'échelle de l'Union. Les macro-organismes, c'est-à-dire les insectes, acariens et nématodes vendus pour la lutte biologique, ne relèvent pas du même régime que les produits phytopharmaceutiques classiques. Chaque État membre applique donc ses propres règles, principalement fondées sur la protection de la biodiversité locale contre l'introduction d'espèces exotiques.

Le principe général est assez lisible. Les espèces indigènes ou déjà durablement installées sur un territoire circulent librement, alors que l'introduction d'espèces non indigènes est soumise à autorisation dans plusieurs pays, dont la France. Concrètement, un jardinier amateur qui achète chez un fournisseur européen sérieux n'a pas de démarche à faire, puisque le producteur ne commercialise dans un pays donné que les espèces qui y sont autorisées. C'est l'une des bonnes raisons de privilégier un fournisseur établi dans votre zone plutôt qu'un vendeur lointain.

Les différences les plus concrètes pour vous ne sont d'ailleurs pas juridiques mais climatiques. Sous le climat méditerranéen, la saison d'activité des auxiliaires s'étale de mars à novembre et les problèmes d'araignée rouge dominent. Dans le nord de l'Europe, la fenêtre utile se resserre et les auxiliaires exigeants en chaleur, comme Encarsia formosa, demandent une serre tempérée pour donner leur pleine mesure. Adaptez donc le calendrier des lâchers à votre région plutôt qu'à un calendrier générique.

Piège chromatique jaune englué suspendu au-dessus des cultures pour surveiller les vols d'insectes

Les erreurs qui ruinent un lâcher

La première erreur consiste à laisser en place des pièges collants jaunes après le lâcher. Ces pièges sont excellents pour détecter et surveiller, mais ils capturent aussi vos auxiliaires ailés, notamment les micro-guêpes. Utilisez-les pour le diagnostic, puis retirez-les au moment de l'introduction.

La deuxième erreur est le traitement préalable. Un savon insecticide ou une huile appliquée quelques jours avant laisse des résidus qui éliminent les auxiliaires à leur arrivée. Comptez au minimum une à deux semaines entre tout traitement et un lâcher, davantage pour les produits persistants.

Viennent ensuite l'impatience et la mauvaise météo. Un parasitoïde ne fait pas chuter une population en trois jours, il faut deux à quatre semaines pour voir un effet net, avec en général plusieurs lâchers successifs plutôt qu'un seul massif. Enfin, lâchez en fin de journée, jamais en plein soleil sur des feuilles brûlantes, et n'oubliez pas de gérer les fourmis qui protègent activement les colonies de pucerons contre vos auxiliaires.

Conclusion : faire de votre serre un écosystème

Passer aux auxiliaires demande un changement de regard. On ne cherche plus à éliminer un ravageur, on cherche à maintenir sa population sous un seuil où elle ne nuit plus à la récolte. Cela suppose d'accepter quelques pucerons en permanence, puisqu'ils constituent la nourriture sans laquelle vos prédateurs ne resteront pas. Une culture parfaitement propre est une culture qui s'effondrera à la première invasion.

La démarche gagnante se résume à quelques principes. Empêcher l'entrée par des barrières physiques, observer régulièrement en retournant les feuilles, identifier précisément avant de commander, puis introduire l'auxiliaire adapté à la bonne dose et en plusieurs fois. Le climat de votre serre, humidité et température, agit souvent plus fortement que le lâcher lui-même, et son réglage ne coûte rien.

Cette approche demande davantage d'attention qu'un traitement, mais elle s'améliore avec le temps. Au fil des saisons, une population d'auxiliaires s'installe dans votre serre, les équilibres se stabilisent et les interventions deviennent plus rares. Vous récoltez alors des légumes sains dans un système où la santé des poissons, des bactéries et des plantes ne fait qu'un.

Sources

UMass Extension Greenhouse Crops and Floriculture Program, Biological Control: Greenhouse Pests and their Natural Enemies, Recense les couples ravageur et auxiliaire employés sous abri et appuie la distinction entre prédateurs et parasitoïdes structurant l’article.

University of Connecticut IPM, Biological Control of Aphids, Source de lutte intégrée sur le puceron, ses indicateurs de terrain et l’usage des parasitoïdes du genre Aphidius décrits dans l’article.

Cornell University Department of Entomology, Biological Control: Phytoseiulus persimilis, Établit l’effet déterminant de l’humidité relative et de la température sur l’acarien prédateur, chiffres repris dans la FAQ et dans la section consacrée à l’araignée rouge.

Cornell University Department of Entomology, Biological Control: Encarsia formosa, Documente les stratégies d’introduction du parasitoïde de l’aleurode et sa dépendance à la température, discutées dans la section correspondante.

Cornell University Department of Entomology, Biological Control: Nematodes, Justifie les cibles, la sensibilité aux ultraviolets et à la dessiccation ainsi que les conditions de conservation au froid des nématodes entomopathogènes évoquées dans l’article.

Frequently asked questions

Aucun risque direct. Les insectes ou acariens qui tombent à l’eau sont simplement consommés ou retenus par la filtration. Le risque se situe ailleurs, dans les supports de lâcher chargés de vermiculite ou de sarrasin qui salissent l’eau, et surtout dans les traitements que vous seriez tenté d’appliquer autour du lâcher.

Oui, mais le résultat est moins régulier. Dans une pièce d’habitation, les auxiliaires ailés se dispersent vers les fenêtres et se perdent. Les formes qui restent sur la plante fonctionnent nettement mieux, larves de coccinelle, larves de chrysope et acariens prédateurs. Sur quelques plants seulement, le retrait manuel des colonies et un lavage doux du feuillage restent souvent plus efficaces qu’un lâcher.

Le mieux reste de lâcher dans les vingt-quatre heures. Si vous ne le pouvez pas, gardez le colis au frais, à l’abri de la lumière, en suivant la notice du producteur.

  • Les nématodes se conservent au réfrigérateur, autour de 4 à 8 °C, sur une durée qui va de quelques semaines à plusieurs mois selon la formulation
  • Les insectes et acariens vivants ne tiennent que très peu de temps, quelques jours au plus

Ne congelez jamais un conditionnement et ne le laissez pas dans une voiture au soleil.

Non. Les micro-guêpes employées mesurent deux à trois millimètres, ne piquent pas et ne s’intéressent qu’à leurs hôtes. Faute de proies, leurs populations s’éteignent d’elles-mêmes.

Oui, et cela devient même la règle dès que plusieurs ravageurs cohabitent. Évitez seulement d’associer un prédateur très généraliste et un parasitoïde fragile sur les mêmes plantes, la larve de chrysope consommant volontiers ce qu’elle trouve. En pratique, séparez les zones ou décalez les lâchers de quelques jours.

Elle pèse lourd, en particulier contre l’araignée rouge. Les données de référence sur Phytoseiulus persimilis montrent qu’à 27 °C l’éclosion de ses œufs s’effondre autour de 40 pour cent d’humidité relative, alors qu’elle est presque totale à 80 pour cent. Un prédateur lâché dans une serre sèche travaille donc contre lui-même. Remonter l’hygrométrie avant l’introduction ne coûte rien et change souvent l’issue de l’opération.

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