Ce que disent réellement les études
La synthèse la plus solide est une méta-analyse française de 2019, qui agrège 68 publications et 665 résultats. Elle trouve en moyenne 26 % de rendement commercial en plus et une biomasse racinaire supérieure de 57 %. Deux réserves l'accompagnent, et elles pèsent particulièrement ici. L'effet est divisé par deux à trois dès que le milieu reçoit déjà une fertilisation, ce qui est exactement la situation d'un bac nourri par des poissons. La dose utile plafonne par ailleurs autour de 30 à 50 % du volume de substrat, au-delà le bénéfice disparaît. Les auteurs signalent en plus un biais de publication, les essais aux effets spectaculaires étant surreprésentés.
Le mécanisme, lui, est bien décrit. Les turricules contiennent des phosphatases, ces enzymes qui découpent le phosphore organique en orthophosphate directement absorbable, et une population microbienne nettement plus dense que le substrat de départ. C'est cette activité qui libère les éléments, et non une quelconque création de matière.
Des effets existent aussi en dehors de la nutrition. Dans des essais où toutes les plantes recevaient la même solution nutritive, menés par l'équipe d'Edwards à l'Ohio State University, un simple arrosage à l'extrait de lombricompost a réduit de moitié les dégâts de pucerons et d'acariens sur tomate et concombre. L'effet est net, son mécanisme reste une hypothèse.
Sur la vermiponie proprement dite, en revanche, les travaux sont rares et testent souvent plusieurs variables à la fois, par exemple le renouvellement d'eau douce en même temps que l'ajout de vers, ce qui interdit d'attribuer le gain aux seuls vers. Voici ce que les praticiens observent, et qui recoupe la biologie connue de ces espèces.
- Un lit de culture qui se colmate moins vite
- Moins de résidus végétaux visibles en surface
- Une couche de turricules dans les zones de dépôt
- Des racines plus ramifiées dans les secteurs colonisés
Un dernier point pour fixer les limites. Un essai universitaire a comparé un thé de lombricompost employé seul à un engrais du commerce, sur laitue en radeau, avec des profils nutritifs statistiquement comparables, et a récolté sept fois moins. Le lombricompost complète une fertilisation, il ne la remplace pas.