De nombreux légumes fruitiers, ces plantes que l’on cultive pour leurs fruits, peuvent aussi être produits en aquaponie, même s’ils demandent un peu plus d’attention. Les solanacées forment le gros de la troupe : tomates, poivrons, piments et aubergines.
La tomate est la plus cultivée de toutes. Les variétés cerises et les petits calibres se conduisent plus facilement que les grosses tomates à farcir, car elles arrivent à maturité plus vite et supportent mieux un léger déficit de nutriments. Prévoyez un tuteurage solide, un lit à substrat plutôt qu’un radeau, et de la place, car le système racinaire est volumineux.
Les poivrons et les piments demandent de la chaleur et du temps. Ce sont d’excellents candidats sous serre ou en intérieur bien éclairé, où ils peuvent même passer l’hiver et repartir l’année suivante. Les piments, plus compacts, conviennent bien aux petits volumes.
L’aubergine est la plus exigeante du lot, en chaleur comme en nutriments. Elle donne de très bons résultats sous serre, sur un lit à substrat profond, mais reste un pari dans un système jeune ou peu peuplé en poissons. On peut y ajouter le concombre et la courgette, très productifs mais gourmands et encombrants.
Le point commun de ces cultures tient à leurs besoins nutritifs, nettement plus élevés que ceux des salades ou des herbes. Assurez-vous que votre population de poissons produise assez de déchets pour les alimenter, et surveillez les carences classiques en potassium, en calcium et en fer, qui se manifestent souvent au moment de la fructification.
Deux gestes changent beaucoup de choses. Le premier est la pollinisation : en intérieur, sans insectes ni vent, une simple secousse quotidienne des tiges en fleur, ou un passage de pinceau, améliore nettement la nouaison. Le second est la taille : supprimer les gourmands et limiter le nombre de bouquets concentre les nutriments disponibles sur ce qui compte vraiment.