Test d’eau, bandelettes ou gouttes

Scritto da Tristan Ulrich · 18 ottobre 2026
Mallette de tests d’eau ouverte avec flacons de réactifs et tubes, près d’un aquarium planté

Un test d’eau ne coûte que quelques minutes et évite la plupart des accidents en aquarium, en bassin comme en aquaponie. Ce guide compare bandelettes, réactifs en gouttes et sondes électroniques, avec leur précision réelle et leur coût par mesure.

Choisir son test d’eau, bandelettes, gouttes ou sonde

L’eau d’un aquarium, d’un bassin ou d’un système aquaponique reste transparente longtemps après que ses paramètres ont dérapé. C’est toute la difficulté, l’œil ne détecte ni l’ammoniac, ni les nitrites, ni une chute de pH, alors que ces trois paramètres tuent un cheptel en quelques jours. Un test d’eau est le seul moyen de voir venir un problème avant qu’il ne coûte cher.

Trois familles de matériel se partagent le marché, les bandelettes réactives, les tests colorimétriques en gouttes et les instruments électroniques. Aucune n’est universellement meilleure, chacune répond à un usage précis. Ce guide compare leur précision réelle, leur coût par mesure et leur facilité d’emploi, puis détaille la méthode de prélèvement, la lecture des couleurs et les erreurs qui faussent tout.

Tube à essai d’eau d’aquarium dont la couleur vire après ajout du réactif

Pourquoi faire un test d’eau

Tester n’est pas une manie de perfectionniste, c’est un diagnostic. Une eau limpide peut contenir assez d’ammoniac pour brûler les branchies des poissons, et une eau légèrement verte peut afficher des paramètres parfaits. La transparence renseigne sur les particules en suspension, rien de plus.

Le besoin est maximal pendant les premières semaines, quand les bactéries nitrifiantes s’installent. Le cycle de l’azote se déroule en trois étapes, avec un pic d’ammoniac puis un pic de nitrites avant la stabilisation. Sans mesure, il est impossible de savoir où l’on en est et quand introduire les premiers poissons sans risque. Par la suite, le test devient un outil de surveillance et de diagnostic. Quand un poisson reste au fond, quand les plantes jaunissent ou quand l’eau se trouble, les paramètres orientent immédiatement vers la bonne cause au lieu de multiplier les traitements au hasard.

Bandelette de test d’eau multiparamètres avec ses plages colorées après immersion Strisce reattive per l'acqua JBL ProAquaTest Easy 7 in 1, acquario e vasca

Les bandelettes de test, une minute chrono

La bandelette est une languette plastique portant plusieurs plages réactives. On la trempe une seconde dans l’eau, on égoutte, on attend le délai indiqué et on compare les couleurs à l’échelle fournie. Cinq à sept paramètres sont lus d’un seul geste.

Sa force est la rapidité et le coût d’entrée. Sa faiblesse est la résolution. Les échelles procèdent par paliers larges, souvent de 0 puis 10 puis 25 puis 50 mg/L sur les nitrates, ce qui suffit pour repérer une tendance mais pas pour piloter finement. Les avis convergent, les bandelettes donnent un ordre de grandeur fiable, pas une valeur précise.

Autre limite souvent sous-estimée, la plupart des bandelettes ne mesurent pas l’ammoniac, paramètre le plus dangereux à court terme. Elles conviennent donc au contrôle de routine d’un système mature, jamais au suivi d’un cyclage ni à la gestion d’une crise.

Test d’eau en gouttes, réactif versé dans un tube gradué devant un aquarium

Les tests d’eau en gouttes, la référence

Le test colorimétrique en gouttes reste le standard chez les aquariophiles exigeants. On prélève un volume précis d’eau dans un tube gradué, on ajoute un nombre exact de gouttes de réactif, on agite puis on compare la teinte obtenue à un nuancier imprimé. La précision est nettement supérieure à celle des bandelettes, avec des échelles bien plus fines et une sensibilité suffisante pour détecter des variations faibles. C’est la méthode abordable la plus fiable pour suivre l’ammoniac et les nitrites aux faibles concentrations, certains tests d’ammonium descendant jusqu’à 0,05 mg/L.

Le prix à payer est le temps, comptez deux à cinq minutes par paramètre, et une rigueur de protocole absolue. Le volume d’eau, le nombre de gouttes, la durée d’agitation et le temps d’attente doivent être respectés à la lettre, sinon la mesure ne veut plus rien dire.

pH-mètre électronique et sa sonde en verre plongée dans un bécher d’eau claire Tester elettronico per il pH AMTRA Digital pH Tester ATC

Le pH-mètre électronique

La sonde électronique lit le pH à la décimale près, là où un test colorimétrique se contente d’un demi-point. Sur un système aquaponique où la nitrification consomme de l’alcalinité en continu, cette finesse change la façon de piloter, on corrige une dérive avant qu’elle ne devienne un problème.

L’instrument a pourtant ses servitudes. Une électrode de pH vieillit, se salit et se dérègle, et une sonde stockée à sec est bonne à jeter. La conservation se fait dans une solution dédiée ou, à défaut, dans un tampon, jamais dans de l’eau distillée qui appauvrit la membrane.

La sonde devient rentable quand on mesure souvent, typiquement en aquaponie, en hydroponie ou sur un bassin suivi de près. Pour un contrôle mensuel, elle apporte surtout des contraintes d’entretien sans gain réel, et un bon test en gouttes suffit largement.

Quels paramètres suivre réellement

Mesurer quinze paramètres ne sert à rien si les cinq qui comptent ne sont pas surveillés. La hiérarchie est assez stable, quel que soit le type de système. Viennent d’abord les trois formes de l’azote, ammoniac, nitrites et nitrates, qui racontent l’histoire complète de la filtration biologique. L’ammoniac et les nitrites doivent tendre vers zéro dans un système mature, tandis que les nitrates s’accumulent et servent d’engrais aux plantes.

Le pH arrive juste derrière, parce qu’il conditionne à la fois le confort des poissons, l’activité des bactéries et la disponibilité des nutriments pour les cultures. La dureté carbonatée, le KH, complète le tableau puisqu’elle explique la stabilité ou l’instabilité de ce pH. Un KH trop faible produit des chutes brutales que rien d’autre n’explique.

Voici les mesures qui méritent une place dans toute mallette.

  • Ammoniac total, le paramètre le plus dangereux à court terme
  • Nitrites, révélateurs d’un biofiltre incomplet ou surchargé
  • Nitrates, indicateur d’équilibre entre charge en poissons et surface de culture
  • pH, boussole de tout le système
  • KH, qui explique pourquoi le pH bouge

Les autres mesures, fer, potassium, phosphates ou oxygène dissous, se justifient au cas par cas. Le fer devient utile quand les jeunes feuilles jaunissent, sujet traité dans notre guide des carences en aquaponie, et l’oxygène dissous prend tout son sens en période de forte chaleur.

En aquaponie, quels tests d’eau privilégier

Un système aquaponique ne se pilote pas comme un aquarium d’ornement. L’eau nourrit à la fois des poissons, des bactéries nitrifiantes et des plantes, et chacun de ces trois maillons a ses propres exigences. Les tests servent donc moins à garder une eau « propre » qu’à vérifier que l’équilibre entre les trois tient.

  • Ammoniac et nitrites, chaque jour pendant le cyclage puis chaque semaine, pour vérifier que le biofiltre absorbe bien la charge en poissons.
  • Le pH, à tenir autour de 7, compromis entre le confort des poissons, l’activité des bactéries et l’absorption des nutriments par les plantes.
  • Le KH, plus souvent qu’en aquarium, car la nitrification consomme l’alcalinité en continu. Les références américaines en aquaponie visent au moins 100 mg/L exprimés en carbonate de calcium, soit environ 5 à 6 degrés allemands.
  • Les nitrates, non pour les faire baisser, mais pour juger de l’équilibre entre poissons et surface de culture.
  • Le fer, dès que les jeunes feuilles pâlissent, car c’est souvent le premier élément à manquer dans un système aquaponique.

Le pack de cinq tests en gouttes réunit les paramètres de cette liste hors fer. Quand un manque de fer se confirme, l’apport se fait généralement sous forme de fer chélaté, en respectant les doses indiquées.

Étalonnage d’une sonde pH avec des sachets de solution tampon et un chiffon doux Kit di calibrazione per il pH JBL ProFlora, soluzioni tampone pH 7 e pH 4

L’étalonnage, condition de fiabilité

Un instrument électronique non étalonné affiche des chiffres, pas des mesures. L’étalonnage consiste à montrer à l’appareil deux valeurs connues, en général un tampon neutre à pH 7 puis un tampon acide à pH 4, afin qu’il recale son zéro et sa pente.

La procédure prend deux minutes. On rince la sonde à l’eau déminéralisée entre chaque bain, on éponge sans frotter la membrane de verre, puis on valide chaque point. Les recommandations varient, certaines sources conseillent un étalonnage avant chaque série de mesures, d’autres un contrôle mensuel. Retenez le principe pratique, on réétalonne dès qu’une valeur paraît étrange. Gardez toujours des tampons frais, car une solution ouverte depuis des mois dérive elle aussi. Un étalonnage fait avec un tampon périmé est pire qu’une absence d’étalonnage, puisqu’il installe une erreur constante que rien ne signale.

Conductimètre EC et TDS mesurant l’eau d’un bac de culture de laitues hors-sol

Le conductimètre et le TDS

Le conductimètre mesure la capacité de l’eau à conduire le courant, ce qui reflète la quantité totale de sels dissous. La valeur s’exprime en millisiemens par centimètre, et la fonction TDS n’est qu’une conversion de cette même lecture en milligrammes par litre, avec un facteur variable selon les marques. Cet outil est indispensable en hydroponie, où il pilote directement la concentration de la solution nutritive. En aquaponie il rend un autre service, il donne une vision globale de la minéralisation de l’eau et signale une accumulation lente, notamment quand l’évaporation concentre les sels en été. Sa limite doit être comprise. La conductivité ne dit jamais quels ions sont présents. Une valeur élevée peut venir d’un excès de nitrates, de sodium ou de calcium, trois situations qui appellent des réponses opposées. Elle complète les tests spécifiques, elle ne les remplace pas.

Prélèvement d’un échantillon d’eau à mi-profondeur dans un aquarium planté

Bien prélever son échantillon

Une mesure ne vaut que ce que vaut l’échantillon. Le prélèvement se fait à mi-profondeur, loin de la surface où les échanges gazeux modifient le pH, et loin du fond où les sédiments faussent tout. Évitez aussi la sortie de pompe et la zone du bulleur.

Prenez l’habitude de mesurer toujours au même endroit et à la même heure. Le pH d’un bassin planté varie naturellement au fil de la journée, sous l’effet de la photosynthèse qui consomme du gaz carbonique. Comparer une mesure du matin à une mesure du soir revient à comparer deux eaux différentes.

Analysez l’échantillon tout de suite. Une eau qui repose dans un verre pendant une heure perd du gaz carbonique et voit son pH remonter artificiellement, tandis que l’ammoniac peut se volatiliser en partie. Le test se fait dans la foulée du prélèvement, jamais le lendemain.

Lire une couleur sans se tromper

La lecture colorimétrique est le maillon faible de toute la chaîne, parce qu’elle dépend de l’œil, de la lumière et du fond. Trois précautions suffisent pourtant à fiabiliser presque toutes les mesures.

La première concerne la lumière. Lisez toujours à la lumière du jour, près d’une fenêtre mais sans soleil direct. Un éclairage domestique chaud tire les teintes vers le jaune et un tube de cuisine froid les tire vers le bleu, ce qui suffit à faire lire un jaune pâle là où la solution est franchement verte. Beaucoup de faux diagnostics d’ammoniac viennent de là.

La deuxième porte sur le fond. Placez le tube sur la zone blanche prévue par le fabricant, ou à défaut sur une feuille de papier blanc, et regardez la colonne de liquide par le dessus plutôt que de côté. Le trajet optique est plus long par le haut, la teinte est donc plus lisible sur les valeurs faibles.

La troisième concerne le temps. Chaque réactif a un délai de développement, souvent de une à cinq minutes, et une lecture faite trop tôt sous-estime systématiquement la valeur. À l’inverse, une lecture trop tardive laisse la couleur évoluer. Utilisez un minuteur plutôt que votre estimation, et notez chaque résultat dans un carnet. C’est la série de mesures qui informe, bien plus que la valeur isolée du jour.

Flacons de réactifs de test d’eau rangés debout à l’abri de la lumière

Conserver ses réactifs correctement

Les réactifs colorimétriques sont des produits chimiques vivants, au sens où ils évoluent avec le temps. La lumière et la chaleur les dégradent, ce qui explique les flacons en verre ambré et les recommandations de stockage au frais. Rangez la mallette dans un placard fermé, à température ambiante stable, jamais sur le rebord d’une fenêtre ni sur le meuble chauffé de l’aquarium. Refermez chaque flacon immédiatement après usage et ne mélangez jamais deux bouchons, une trace de réactif croisé suffit à ruiner un flacon entier.

Respectez enfin la date de péremption imprimée sur chaque flacon et notez la date d’ouverture sur l’étiquette. Un réactif qui ne change plus du tout de couleur sur une eau connue doit être remplacé sans discuter.

Flacons de recharge de réactifs alignés avec un flacon vide et un tube à essai

Le coût réel par mesure

Le prix affiché d’un kit ne dit presque rien. Ce qui compte est le coût d’une mesure, c’est-à-dire le prix du flacon divisé par le nombre de tests qu’il permet, en général indiqué sur la notice. La comparaison rebat les cartes. Une bandelette coûte peu à l’unité mais mesure plusieurs paramètres d’un coup, un test en gouttes coûte davantage par paramètre mais dure des années et se recharge. Une sonde électronique représente un investissement de départ important, puis des mesures presque gratuites, à condition d’acheter régulièrement des solutions d’étalonnage et de remplacer l’électrode au bout d’un à deux ans environ, selon les fabricants. Le vrai levier d’économie est ailleurs. Acheter des recharges de réactif plutôt que des kits complets divise nettement la dépense annuelle, puisque les tubes, seringues et nuanciers, eux, ne s’usent pas.

À quelle fréquence tester son eau

Il n’existe pas de rythme universel, la bonne fréquence dépend de l’âge du système et de ce qui vient de se passer. Un système neuf demande une vigilance quotidienne, un système installé depuis deux ans se contente d’un contrôle mensuel de routine.

Pendant le cyclage, mesurez l’ammoniac et les nitrites tous les jours ou tous les deux jours. C’est le seul moyen de repérer le moment où les deux valeurs retombent à zéro pendant que les nitrates montent, signal qui autorise l’introduction des premiers poissons. Cette phase dure généralement de trois à huit semaines, davantage en eau fraîche.

Ensuite, un rythme raisonnable ressemble à ceci.

  • Chaque semaine pendant les deux premiers mois après peuplement
  • Chaque mois sur un système stable et bien rodé
  • Immédiatement après tout ajout de poissons ou changement d’alimentation
  • Après un nettoyage de filtre, une panne de pompe ou une canicule
  • Dès qu’un comportement anormal apparaît chez les poissons

Ajoutez un contrôle systématique aux changements de saison. L’arrivée du froid ralentit fortement le biofiltre, et l’été concentre les sels par évaporation. Ces deux périodes produisent l’essentiel des mauvaises surprises sur un bassin extérieur.

Tube de test et flacon de réactif posés sur une pierre au bord d’un bassin en automne Test dell'acqua per la durezza carbonatica KH a gocce JBL ProAquaTest

Tester l’eau d’un bassin extérieur

Un bassin de jardin oblige à quelques adaptations. Le volume est grand, donc les paramètres bougent plus lentement, mais l’eau est exposée à la pluie, aux feuilles mortes et aux écarts de température, ce qui crée des à-coups imprévisibles.

La pluie mérite une attention particulière. Très peu minéralisée, elle dilue le KH à chaque épisode important et fragilise la stabilité du pH. Un contrôle du KH après plusieurs jours de pluie évite bien des chutes brutales, phénomène détaillé dans notre article sur la régulation du pH.

Pensez enfin à mesurer aux bonnes heures. Dans un bassin riche en plantes, l’oxygène dissous est au plus bas vers l’aube, tandis que le pH culmine généralement en fin de journée, quand la photosynthèse a consommé le gaz carbonique. Une mesure prise à midi donne une image flatteuse qui masque le vrai creux nocturne.

Mallette de départ avec les tests essentiels, une pipette et un carnet de suivi

Composer sa mallette de départ

Inutile d’acheter la panoplie complète dès le premier jour. Une mallette efficace tient en cinq tests en gouttes, ammoniac, nitrites, nitrates, pH et KH, auxquels on ajoute une bandelette multiparamètres pour les contrôles express entre deux analyses complètes. Complétez avec un carnet, papier ou numérique, où vous notez la date, l’heure, la valeur et l’événement du jour. Ce simple réflexe transforme des chiffres isolés en courbe, et une courbe raconte immédiatement ce qu’une valeur seule ne dira jamais.

Les instruments électroniques viennent plus tard, quand le besoin apparaît vraiment. Un débutant bien équipé en gouttes diagnostique mieux qu’un débutant équipé d’une sonde jamais étalonnée. Notre gamme d’analyse d’eau couvre les deux approches.

Tube à essai propre à côté d’un tube mal rincé couvert de résidus de réactif

Les erreurs de mesure fréquentes

La première erreur, et de loin la plus commune, est le tube mal rincé. Une trace de réactif précédent suffit à fausser complètement la lecture suivante. Rincez trois fois à l’eau claire, puis une dernière fois avec l’eau à analyser, et laissez sécher à l’air libre.

La deuxième est la goutte approximative. Un flacon tenu de biais délivre des gouttes de volume variable, il faut le maintenir strictement vertical et laisser tomber la goutte sans presser trop fort. Sur un test qui en demande cinq, une goutte en trop représente vingt pour cent d’écart.

Viennent ensuite trois classiques, l’agitation insuffisante du flacon avant emploi, la lecture faite sous un éclairage artificiel, et le test réalisé juste après un changement d’eau. Dans ce dernier cas la mesure ne décrit pas le système mais l’eau qu’on vient d’ajouter. Attendez vingt-quatre heures pour obtenir une image représentative.

Adapter ses tests d’eau à l’eau de sa région

Le matériel est le même partout, mais l’eau de départ ne l’est pas, et c’est ce qui change le plus la façon de tester. Dans le nord et l’est de la France ou dans le Bassin parisien, l’eau du réseau est le plus souvent calcaire, avec un KH élevé et un pH volontiers au-dessus de 7,5. Le pH y bouge peu, la surveillance du KH devient presque accessoire et l’attention se porte plutôt sur la disponibilité du fer pour les plantes.

Dans les régions granitiques, comme la Bretagne ou le Massif central, l’eau est au contraire douce et peu tamponnée. Le KH devient alors le paramètre le plus important à suivre, car la nitrification consomme de l’alcalinité en continu et peut faire plonger le pH en quelques jours. Un test de KH y est aussi utile qu’un test de nitrites.

Deux unités coexistent également, ce qui crée des malentendus. Les fabricants européens expriment souvent la dureté en degrés allemands, tandis que d’autres utilisent les ppm de carbonate de calcium, sachant qu’un degré allemand vaut environ 17,8 ppm. Enfin, certains tests affichent l’azote ammoniacal et d’autres l’ammonium, deux lectures qui diffèrent d’un facteur d’environ 1,29 et que l’on ne peut pas comparer directement. Vérifiez toujours l’unité utilisée avant de comparer vos résultats à ceux d’un forum étranger.

Conclusion : la bonne méthode est celle qu’on applique

Le choix entre bandelettes, gouttes et sonde ne se tranche pas dans l’absolu. La bandelette rend service pour un coup d’œil hebdomadaire, le test en gouttes reste l’outil de diagnostic sérieux et le seul à mesurer correctement l’ammoniac, la sonde électronique prend tout son sens quand on pilote finement un système et qu’on mesure souvent. Beaucoup d’aquaponistes finissent par combiner les trois.

Ce qui compte davantage que le matériel, c’est la régularité. Cinq mesures suivies dans le temps, avec une méthode constante et un carnet, valent mieux qu’un instrument haut de gamme sorti trois fois par an. La valeur d’aujourd’hui n’a de sens que comparée à celle de la semaine dernière.

Commencez donc simplement, avec les cinq paramètres essentiels et une routine que vous tiendrez vraiment. Vous verrez venir les problèmes plusieurs jours avant qu’ils ne deviennent visibles, et c’est exactement ce qu’on demande à un test d’eau.

Fonti

Purdue University et Illinois-Indiana Sea Grant, Water Quality: Water Sources Used in Aquaculture (AS-486), Plages de référence pour l’ammoniac non ionisé, les nitrites, le fer, le pH et l’alcalinité totale

Southern Regional Aquaculture Center, Recirculating Aquaculture Tank Production Systems: Aquaponics, Integrating Fish and Plant Culture (SRAC 454), pH de compromis proche de 7, cible d’oxygène dissous de 6 à 7 mg/L en aquaponie

FAO, Small-scale aquaponic food production (Somerville et al., 2014), chapitre sur le cyclage du biofiltre, Durée du cyclage, de trois à cinq semaines et jusqu’à deux mois en eau fraîche

JBL, ProAquaTest Easy 7in1, fiche produit, Paramètres mesurés par une bandelette multiparamètres, sans l’ammonium

Hanna Instruments, How to store your pH electrodes, Conservation de l’électrode dans une solution dédiée, jamais dans l’eau distillée

Hanna Instruments, What is the relationship between TDS and EC?, Facteur de conversion de la conductivité en TDS, variable de 0,5 à 0,7

Southern Regional Aquaculture Center, Carbon Dioxide in Fish Ponds (SRAC 468), Cycle journalier de l’oxygène dissous et du gaz carbonique dans un bassin

MDPI Water, Characterizing Nutrient Composition and Concentration in Tomato-, Basil-, and Lettuce-Based Aquaponic and Hydroponic Systems, Teneurs en azote nitrique mesurées en aquaponie face à l’hydroponie

Domande frequenti

Ce qui compte n’est pas l’ammoniac total affiché par votre test, mais sa fraction non ionisée, la seule réellement toxique, dont la proportion augmente avec le pH et la température. Les repères publiés par les services d’extension aquacoles restent volontairement bas.

  • Ammoniac non ionisé, de 0 à 0,05 mg/L
  • Nitrites, de 0 à 0,5 mg/L
  • Oxygène dissous proche de la saturation

Autrement dit, dès qu’un test en gouttes vire franchement sur l’ammoniac dans un bac dont le pH dépasse 7,5, considérez que vous êtes déjà en zone à risque et réagissez sans attendre la mesure du lendemain.

Oui, surtout en été et dans un système chargé. Les références aquaponiques recommandent de maintenir l’oxygène dissous autour de 6 à 7 mg/L, soit environ 80 pour cent de la saturation, une valeur que ni une bandelette ni un test colorimétrique classique ne donnent. Un test dédié ou une sonde à oxygène devient utile dès que la densité de poissons augmente.

Parce que la nitrification est une réaction acidifiante. Les bactéries qui transforment l’ammoniac en nitrates consomment l’alcalinité de l’eau, et quand cette réserve s’épuise le pH décroche brutalement. C’est la raison pour laquelle le KH mérite d’être mesuré au moins aussi souvent que le pH lui-même.

En aquaponie, le pH retenu comme compromis entre le confort des poissons, l’activité du biofiltre et la disponibilité des nutriments se situe autour de 7,0, le biofiltre restant efficace sur une plage plus large. Une eau de départ très douce impose donc un apport régulier de tampon, alors qu’une eau calcaire absorbe cette acidification pendant des mois sans broncher.

Oui, les réactifs sont les mêmes. Vérifiez simplement que l’échelle des nitrates monte assez haut, car un système aquaponique mature atteint des valeurs qu’un aquarium d’ornement ne connaît jamais.

Dans un aquarium, cette valeur invite à une vidange partielle. En aquaponie, elle est banale et plutôt rassurante, puisque les nitrates constituent la principale source d’azote des cultures. Les analyses publiées sur des systèmes aquaponiques en production relèvent couramment des teneurs en azote nitrique de l’ordre de la centaine de milligrammes par litre, nettement inférieures à celles d’une solution hydroponique classique. Surveillez plutôt la vigueur des plantes, ce sont elles qui consomment ce stock.

C’est sans doute le test le plus rentable de tous, parce qu’il explique par avance le comportement de votre installation. Trois valeurs méritent d’être notées une fois pour toutes.

  • L’alcalinité totale, dont les plages de référence en élevage s’étendent d’environ 50 à 400 mg/L de carbonate de calcium
  • Le pH, à situer dans une fourchette proche de 6,5 à 9,0 selon les espèces
  • Le fer total, à garder sous 0,15 mg/L en eau froide et sous 0,5 mg/L en eau chaude

Une eau de forage ou de puits mérite une vigilance supplémentaire, car elle arrive souvent pauvre en oxygène et chargée en fer dissous qui précipite au contact de l’air.

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