L'aquaponie et le hors-sol, un bassin que l'on peut fermer
Il existe une façon de retirer le problème plutôt que de le gérer, et elle mérite d'être posée avant de creuser. Un bassin creusé en pleine terre, ouvert sur le jardin, avec des berges en pente douce et des plantations sur tout le pourtour, est à peu près la configuration idéale pour un héron. Une cuve hors-sol ne lui offre à l'inverse aucun appui, puisqu'il n'y a pas de berge où se poser, pas de haut-fond où marcher, et des parois verticales que l'oiseau ne peut pas exploiter.
C'est l'un des avantages rarement mis en avant des systèmes aquaponiques. Le bac à poissons y est un volume maîtrisé, de forme simple, que l'on couvre d'un panneau rigide, d'une grille ou d'un simple couvercle en quelques minutes, sans rien sacrifier à l'esthétique d'un bassin naturel puisque le décor se joue ailleurs, dans les bacs de culture. Les cultures, elles, ne craignent pas le héron.
L'étape suivante consiste à installer l'ensemble sous serre. La question de la prédation disparaît alors complètement, héron, chat, cormoran et martin-pêcheur compris, et le bénéfice ne s'arrête pas là. La serre stabilise la température de l'eau, allonge la saison de culture, protège des feuilles mortes en automne et limite l'évaporation en été. Ce qui était une contrainte de protection devient un gain de production.
Cela ne condamne pas le bassin de jardin, qui garde son intérêt paysager et écologique. Mais si vous partez de zéro et que la production compte autant que le décor, un système hors-sol abrité règle d'un seul geste une question que le bassin classique vous demandera de gérer chaque saison.